la bibliographie de Juliette Benzoni

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Revue de Presse à propos de « La jeune mariée »,  1er tome de la saga « Les Dames du Méditerranée Express » en 1990
  • Dans Le Figaro, par Lara Vida :
  • « UN ROMAN D’INITIATION. Dans l’atmosphère flûtée de ce début de siècle sur lequel glissent, hiératiques, les silhouettes de l’impératrice déchue, des Boni de Castellane et autres Sarah Bernhardt, Juliette Benzoni déploie avec aisance les voiles successifs de son roman d’initiation. Même quand les intrigues policières se mêlent aux émois de La Jeune Mariée, c’est toujours avec grâce. »
  • Dans Chance :
  • « UNE TRAME PASSIONNANTE. Albine est le genre de personne dont la beauté éclabousse les êtres qui l’entourent. Narcissique, futile et malicieuse, elle semble ignorer la jolie jeune femme qui sommeille en Mélanie, sa fille de quinze ans … La rivalité entre mère et fille constitue une trame passionnante pour ce roman qui mêle amour et trahison. »
  • Dans Famille Magazine : « LITTERATURE D’EVASION. Qui aime la littérature d’évasion appréciera sûrement le premier tome de cette trilogie intitulée : Les Dames du Méditerranée-Express .. Jusqu’au bout, Juliette Benzoni maintient le suspense et, croyez-moi, on brûle de savoir quel sort va connaître la fine et jolie Mélanie, tigresse à bon escient, capable de toutes les ruses pour s’échapper du filet dans lequel elle s’est trouvée prise malgré elle. »
Revue de Presse à propos de « Le voyageur »,  1er tome de la saga « Les Treize Vents » en 1992
  • Dans Le Populaire du Centre, par Christian Signol :
  • « VIE ET SENSIBILITE. Juliette Benzoni entame une nouvelle fresque romanesque dont le premier tome s’intitule Le Voyageur. Nous sommes à Québec, en 1759, alors que la ville est assiégée par les Anglais. Ce roman historique est plein de vie et de sensibilité. La vérité des lieux et des êtres lui confère une sorte d’intemporalité à laquelle ont seuls accès les grands romanciers. »
  • Dans Femme Actuelle :
  • « UN MERVEILLEUX ROMAN » Aventures, amours, vengeance, un merveilleux roman populaire dont les rebondissements tiennent en haleine jusqu’au bout. On attend la suite avec impatience!. »
  • Dans la Gazette Provençale :
  • « SUPERBE ROMAN. Ce tome I est une fresque romanesque si riche en péripéties et en personnages, qu’elle vous tiendra en haleine, le souffle coupé, le coeur serré … Superbe roman qui passionnera nos lecteurs. »
Dans l’Express en 1993, article de Anne Pons

Leur France est un roman

Héritiers de la littérature populaire du XIXe, ces écrivains ignorés des télés, mais promus par les clubs de lecture, racontent des histoires, simples et sincères. Ils parlent des corons, des champs, des passions. Du rêve à grands tirages.
Oui, les Français lisent, n’en déplaise aux éteignoirs. Parfois même, ils trépignent auprès des éditeurs: «A quand le prochain livre de X ou de Y?» Dans une enquête menée par la Sofres pour La Fureur de lire 1993, 70% des individus sondés marquent leur préférence pour le roman. Les essais, la poésie et le théâtre – 12% des suffrages – font figure de traînards.
Qui sont donc les chanceux que la crise laisse de marbre? Les auteurs les plus lus? Un Sollers, un Orsenna, un Lambron? D’autres encore, qui déjeunent Rive gauche et meublent les colonnes des meilleures ventes? Halte-là! Charles Briand, Marie-Paul Armand ou Ludovic Massé coiffent souvent nos stars parisiennes au poteau.
Snobés par la presse nationale, à l’écart des écoles littéraires, recalés aux grands prix, les soldats de cette armée de l’ombre continuent de tracer leur sillon sans esbroufe. Ni demandes d’interview ni sonneries de téléphone. Un peu tristes, sans doute, lorsqu’ils attendent en vain un message de «Bouillon de culture» ou de «Jamais sans mon livre». Avec ses 2 millions d’exemplaires vendus chez France Loisirs (sur 22 titres), Juliette Benzoni n’a pas mis le pied une seule fois à la télévision. (—) Dans sa maison tranquille de Saint-Mandé, où vivent trois générations de femmes, l’historienne Juliette Benzoni rayonne de simplicité. Le début de sa carrière? Une émission de Sabbagh, qui s’intitulait «Le Gros Lot». A l’avant-dernière question, elle chute. Mais Paul Winckler, qui l’avait écoutée, lui met le pied à l’étrier, avec l’aide de Gérald Gauthier, d’Opera Mundi: «Vous avez une histoire?» «Oui, mes enfants sont bourguignons et je sais pas mal de choses sur l’ordre de la Toison d’or.» Après trois essais, Juliette Benzoni doit livrer 800 pages en deux mois: les deux premiers volumes de la série «Catherine» (1963) – republiés ce mois-ci chez Lattès – étaient pris en feuilleton par «France-Soir». Les 6 tomes seront traduits en 17 langues. De 30 000 en librairie, ses ouvrages, au nombre de 45 aujourd’hui, sautent à 300 000 quand ils sont sélectionnés par le club. C’est le cas des «Gerfaut», qui sont quatre, comme les trois mousquetaires. Dernier livre paru, «Les Treize Vents», un régal, traduit l’amour enthousiaste de l’auteur pour le Québec du xviiie siècle assiégé par les Anglais. L’exil du jeune Guillaume Tremaine permet à Juliette Benzoni d’enraciner son histoire dans les environs de La Hougue et de Saint-Vaast, «des lieux moins exploités par les écrivains que le Cotentin».

Rdv ici pour lire l’article en entier

Revue de Presse à propos de la série « Le Boiteux de Varsovie »
  • 1994 pour « L’Etoile Bleue »
    Dans Les Petites Affiches, par Bertrand Galimard Flavigny« De Venise à Paris, en passant par Varsovie, le premier épisode court de rebondissements pour laisser le lecteur haletant… Des auteurs comme Juliette Benzoni doivent être bénis des Dieux. Ils savent que la littérature, c’est aussi et surtout raconter une histoire. »
  • 1995 pour « La Rose d’York »
    Dans Le Figaro, par Laurence Vidal« On ne présente plus Juliette Benzoni, son écriture qui coule, allègre, limpide même lorsqu’elle ondoie dans les eaux troubles, ses fières – ou tendres – héroïnes empêtrées qui dans les intrigues de palais, qui dans les drames policiers et, toujours, forcément dans affres du coeur…. Après l’Etoile bleue, la deuxième apparition du prince Aldo Morosini est toujours aussi joyeuse, soyeuse, élégante et légère; Un roman faussement policier et franchement enjoué. »
Dans le catalogue réservé aux Bibliothèques – Octobre 1996
Petite anecdote : Dans la genèse du Boiteux de Varsovie que Juliette avait écrit pour l’édition France-Loisirs de « L’Etoile Bleue » (à lire ICI), elle n’avait pas encore écrit les 4 tomes de la série mais elle avait déjà donné un titre à chacune des histoires et le 4ème livre avait alors un autre titre qu’elle a changé ensuite. Ce dernier livre devait s’appeler « Le Rubis de l’Inquisiteur », pour finalement s’intituler « Le Rubis de Jeanne la Folle ».
Le document suivant – le catalogue proposé aux bibliothèques pour commander leurs livres en reliure beaucoup plus « solide » pour des lectures répétées et intensives – nous montre que le livre a également eu une couverture différente de celle finalement choisie par l’auteur !
Il est à noter que Juliette avait expressément demandé à Plon d’utiliser les peintures de Paul Helleu pour élaborer les couvertures de la série qui nous a présenté notre détective antiquaire Aldo Morosini

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Portrait d’Anne-Marie Koenig de 1995

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Un magnifique portrait de Juliette Benzoni,
par Anne-Marie KOENIG de 1995

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Dans L’Express en 1997, article de Anne Pons

Le secret de Juliette

Trahisons, meurtres, amours contrariés: Juliette Benzoni connaît la recette du best-seller. Elle le prouve cette fois encore avec Secret d’Etat
En dépit de la crise, le rêve à grands tirages se porte bien, merci. Mais, alors que les Américains touillent des techno-thrillers futuristes dans les cuisines de l’an 2000, ici c’est toujours dans les vieux pots qu’on fait les bonnes soupes du best-seller. D’un côté, les Turbulences des vols transpacifiques, les manipulations génétiques, les virus en goguette. De l’autre, les chansons de toile, les filles d’honneur rougissantes et les bâtards de l’histoire de France. Des cycles romanesques – jamais moins de trois volumes, souvent plus – un côté prolifique à faire pâlir Dumas.
Héritière de la littérature populaire du XIXe, Juliette Benzoni a débuté sa carrière dans une émission de Pierre Sabbagh qui s’intitulait Le Gros Lot (pour voir une archive sur ce jeu, c’est ici : Portrait 6 dans 26. portraits tv ). Prémonitoire. Le succès phénoménal du Boiteux de Varsovie ou des Treize Vents n’a pas démenti cette promesse de l’aube. C’est donc droit dans ses bottes de mousquetaire que Juliette Benzoni s’attelle au tome I de La Chambre de la reine. Pieds nus, sa chemise souillée de sang, une petite fille erre dans la forêt d’Anet. Adoptée par la mère de François (de Bourbon-Vendôme, l’un des petits-fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées), elle verra son destin l’amener à côtoyer Anne d’Autriche, Louis XIII, Richelieu et le sadique assassin des siens… Pas plus que dans les best-sellers de Forsyth ou de Crichton l’auteur n’en appelle à la psychologie. On avance à coups de secrets d’Etat, de trahisons, de meurtres de prostituées, d’amours contrariés, le tout au son de la jolie voix de Sylvie, qui charme les oreilles du cardinal.
A quoi tient la pénétration profonde de ce type d’ouvrage dans notre société? Au fait que ce sont des livres «tout public»? Quand on sait que certains romans de Juliette Benzoni sont traduits en 17 langues et que, de 30 000 en librairie, ils sautent à 300 000 avec le soutien des clubs, on s’interroge, une fois de plus, sur le passéisme qui fonde l’air du temps.

Dans L’Express en 1997, article de Catherine Argand

Les belles histoires de Juliette

En 1935, quand les parents de Juliette, qui avait quinze ans, sont arrivés à Saint-Mandé, les fermiers y trayaient encore les vaches. Aujourd’hui, tous les jours à 17h30, la Saint-Mandéenne promène Ours, son chien, dans ce quartier paisible et verdoyant aux portes de Paris. Juliette Benzoni, du nom de son second mari, un officier qui – Indochine oblige – la laissa en plan peu avant le voyage de noces qu’elle fit à Capri avec sa maman, est une star de l’édition. Son cinquante et unième roman historique, La chambre de la reine (Plon), est déjà dans la liste des best-sellers, quatre de ses romans, dont Le gerfaut des brumes, furent adaptés à la télévision et le nombre de ses lecteurs dans le monde (elle est traduite en 22 langues) frise les 50 millions. Un destin scellé dès l’enfance: à neuf ans elle découvre dans son livre d’histoire Jeanne d’Arc ficelée sur le bûcher. Quel choc! De ce jour sa passion pour l’histoire, en particulier pour le Moyen Age et la Renaissance, ne la quittera plus. (venez lire mon anecdote sur Jeanne d’Arc ici : jeanne10 ) Faute d’être journaliste ou ambulancière pendant la guerre (son papa ne veut pas), elle se met à écrire des histoires pour Confidences, passe à la télévision dans le jeu de Pierre Sabbagh, «Le Gros Lot» (pour voir une archive sur ce jeu, c’est ici : tv ) , et, à la demande de l’éditeur Gérald Gauthier qui cherchait un feuilleton digne de succéder à Angélique sur le mode «tout passe par l’héroïne», finit par écrire les aventures de Catherine. Depuis, à raison de deux livres par an, Juliette continue de «distraire les gens de leurs soucis en essayant de leur apprendre quelque chose». Quand elle n’écrit pas, elle apprend des vers de Racine, reçoit ses nombreux amis, cuisine, goûte l’art et la musique ou salue les dames du bois pour qui elle a un faible depuis qu’en 1942, à la naissance de son fils qu’elle ne pouvait allaiter, les prostituées soignées par son premier mari médecin l’approvisionnèrent deux ans durant en oranges fraîches. Juliette est ainsi: bûcheuse, gourmande et tendre avec les autres, les personnages de ses romans où l’art du suspense joue avec une très sérieuse documentation.

Emission « Un Livre, un jour » sur France 3 en 1998 par Olivier Barrot
La vidéo de l’INA : Dans le décor du piano bar de l’hôtel « la Villa » à CALVI, Olivier BARROT présente le livre de Juliette BENZONI « La Vie de Château » édité par BARTILLAT. Images d’archive INA avec une petite video de présentation du livre :

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Dans Le Figaro en 1998, article de Jean Jalon

« La vie de château n’est plus ce qu’elle était… »

Juliette Benzoni ressuscite les fastes campagnards de la Belle Epoque.

Qui n’a rêvé de posséder un château ? Qui n’a pas rêvé sur ces annonces offrant un castel médiéval, un nid d’aigle, un palais enchanté ou, même, plus modeste, un manoir un peu hanté ? Le château fait partie de nos désirs les plus secrets, de nos rêves les plus fous. La réalité est tout autre. Dans son dernier livre, La Vie de château, Juliette Benzoni se charge de nous ramener à la raison et à la possession de nos imaginaires châteaux en Espagne.
Certes, la vie de château qu’évoque Juliette Benzoni est définitivement révolue puisque c’est celle que l’on menait aux alentours de 1900, à la Belle Epoque. On peut donc avoir des frissons rétrospectifs en lisant simplement le menu offert par la princesse Alice de Monaco, en son château de Haut-Buisson, à des hôtes qui se nommaient Pierre Loti, lady de Grey et la duchesse de Camastra : melon glacé au porto, oeufs à l’aurore, langoustes à l’armagnac, chartreuses de pintades, pommes soufflées, chevreaux rôtis ornés de barquettes de mirabelles, salade, boeuf mode gelée, chicorée à la crème, compotes de fruits. Ouf ! On ne signale aucun décès à la suite d’un festin aussi pantagruélique et qui pour la châtelaine et ses invités n’avaient rien d’extraordinaire. On avait l’estomac solide en ce temps-là !
Un pareil banquet suppose une rigoureuse intendance. L’inventaire de la lingerie du duc d’Harcourt en son château d’Hury-Harcourt donnera le vertige à bien des ménagères d’aujourd’hui : 270 paires de draps, 326 nappes damassées, 1 036 serviettes de table. C’est vrai que dans les châteaux on recevait beaucoup et pas n’importe qui. La personne la plus invitée à cette époque est Louis-Gabriel Pringué. Bénie soit Juliette Benzoni d’avoir ressuscité Pringué et de tracer, en quelques pages, un brillant portrait de ce parfait mondain, gentilhomme breton et auteur d’ouvrages, hélas épuisés, comme ces Trente ans de dîners en ville qui sont une source d’anecdotes et de renseignements sur la vie dans les salons parisiens et dans les châteaux à la campagne. Pour qui sait lire entre les lignes, Pringué est une mine d’or encore inexplorée.
Tout n’était pas que frivolité en ces châteaux. En son château de la Jumellière, le marquis de Maillé mène une existence quasiment bureaucratique. Dès 9 heures du matin, il reçoit ses fermiers, travaille, entre deux visiteurs, à son énorme correspondance, jusqu’à midi. Il passe au petit salon puis à la salle à manger où il déjeune en famille. Service à la française, argenterie qui date de Louis XV. L’après-midi est moins austère, promenade, billard, croquet et lecture des journaux. Le soir, immuable, dîner de grand apparat, les hommes sont en habit, les femmes en décolleté. La soirée se termine vers 11 heures. Le marquis de Maillé est prêt à recommencer le lendemain une journée strictement semblable à celle qui vient de s’écouler.
On s’ennuie un peu dans ces châteaux, et Elisabeth de Gramont, duchesse de Clermont-Tonnerre, avoue qu’elle s’ennuyait en son château d’Ancy- le-Franc : « Comment peut-on s’ennuyer dans un endroit aussi beau qu’Ancy-le-Franc ? Eh bien, oui, je m’y ennuyais, et même terriblement. » C’est peut-être pour fuir ce terrible ennui qu’Elisabeth, Lily pour ses intimes, abandonna peu après son château et son époux pour suivre l’irrésistible Natalie Barney avec qui elle ne s’ennuya pas une seule minute. On en causa beaucoup à l’office. Car toute la féerique vie de château n’est possible qu’avec une très nombreuse domesticité. Cuisinière, femme de chambre, maître d’hôtel, cocher, sont, pour la plupart, fiers de servir d’aussi illustres familles.
En août 1914, maîtres et serviteurs prennent le chemin du front. C’est la fin de la vie de château, la fin d’un monde. A partir de cette date-là, la vie de château ne sera plus ce qu’elle était. Mais grâce à Juliette Benzoni et à sa Vie de château, on a l’illusion d’avoir participé aux fêtes de Boni de Castellane ou aux chasses de la duchesse d’Uzès.

Dans L’Express en 1998, article à propos de « Le Prisonnier Masqué », 3ème et dernier tome de la saga « Secret d’Etat » par Marie Tourres

L’angoisse de la page blanche, Juliette Benzoni ne connaît décidément pas. Cette ancienne journaliste, historienne passionnée, a aujourd’hui pris place dans la ronde des auteurs prolifiques. Dans les années 60, avec la série des Catherine, elle embrassa le succès. Voilà donc trente ans que Juliette Benzoni s’attache à raconter les petites histoires de l’Histoire. Plus de 50 ouvrages qui remportent à chaque fois les suffrages du public.
L’intrigue du Prisonnier masqué se déroule vers 1660, à une époque où se côtoient jeunes mondaines élégantes, gentlemen mousquetaires et traîtres arrivistes, où une nouvelle boisson, le chocolat, imprègne les murs de Fontainebleau de doux effluves, où les rancœurs de la Fronde entraînent vengeances et perfidies, où les hommes meurent en duel pour l’amour ou l’honneur de leur promise.
Mazarin va sur sa fin. Colbert et Fouquet aspirent à le remplacer. Le Roi-Soleil, plutôt lunatique, est plongé dans les ténèbres de l’intolérance. La duchesse Sylvie de Fontsomme, une ravissante veuve, élève, loin de Paris, ses deux enfants: Marie, qui fait ses premiers pas dans le monde de la galanterie et des tourments amoureux, et Philippe, dont la naissance reste voilée par le secret.
A la demande de Louis XIV, Sylvie se rend à la cour auprès de la nouvelle reine, Marie-Thérèse. Là, elle est amenée à revoir François de Beaufort, son amour de jeunesse, qui tua en duel son époux. Prêt à tout pour reconquérir la duchesse, François les protégera, son fils et elle, contre le danger qui les guette et le passé qui les rattrape. Pour ce troisième volet de la série Secret d’Etat, Juliette Benzoni se fait, une fois encore, chroniqueuse à la cour de Louis XIV. Elle nous emporte dans sa fiction au rythme des décès, des mariages et autres événements mondains des grands du royaume de France. De nobles sentiments, du sang, des larmes, du mystère, des rebondissements providentiels, mille et une anecdotes croustillantes, juste ce qu’il faut de préciosité pour coller à l’époque… Rehaussé par une écriture alerte, voici encore un best-seller en puissance né de la royale plume de Juliette Benzoni.
Dans Le Figaro en 1999, par Etienne de Montety

Juliette Benzoni, phénomène historique

C’est le palais de dame Tartine, niché dans une petite rue calme de Saint-Mandé. A l’heure du laitier on y prend le petit déjeuner et la conversation porte sur la Révolution française. Juliette Benzoni reçoit, ce n’est pas un vain mot. Elle a fait une entorse à son emploi du temps. Sans se forcer : elle est gourmande comme un chat. Juliette ou les infortunes de la vertu : deux livres par an, 50 000 exemplaires chacun en moyenne et une reconnaissance qui tardait à venir. Ça vient. Madame Benzoni a fait le tour d’une vie en quatre-vingts printemps, dont un demi-siècle d’écrivain, plus de cinquante romans historiques brodés à la main, et de nombreux lecteurs, à faire pâlir un académicien. Dumas avouait violer l’Histoire pour lui faire de beaux enfants. Avec son patronyme d’aventurière et son prénom d’amante de Vérone, Juliette Benzoni confesse un très ancien mariage morganatique avec Alexandre le Grand, dont les rejetons se nomment Catherine, le Gerfaut et autre Boiteux de Varsovie.
Elkabbach et Ardisson l’ont invitée dans leurs émissions. Ils n’ont pas été déçus : la dame sort sans chapeau, lit beaucoup, a de l’esprit et pas la langue dans sa poche. Des noms d’auteurs qu’elle aime bien ? Agatha Christie et Mary Higgins Clark : « Des femmes de mon âge, vous me direz. » . Avec le sourire, elle n’hésite pas à donner son avis sur tout, entre arsenic et vieilles dentelles : « Je lis le dernier Pierre-Jean Rémy. Mais je ne suis pas allée voir Titanic parce que la tête de Leonardo DiCaprio ne me revient pas… »
Sans lunettes, elle jette un coup d’oeil très personnel sur tout ce qui sort. Tous les soirs à sept heures moins dix, elle regarde « Un livre un jour » d’Olivier Barrot, son sherpa ès lettres. Un garçon de goût : n’a-t-il pas parlé de son livre la Vie de château en décembre dernier? (Cliquez ICI pour voir la page). Au programme littéraire de Juliette, il y a aussi « le Gai Savoir » sur Paris Première : « C’est souvent explosif mais je crois que Giesbert aime ça. »
Elle ne fréquente plus les Salons du livre ni les cocktails, préfère recevoir ses éditeurs et amis Patrick de BourguesXavier de BartillatMichel de Grèce et puis Yann Queffélec. Là, un oeil de femme s’allume. Bien sûr, il y a ses romans, le Maître des chimères, la passion commune pour la Bretagne et la bonne chère, mais il y a aussi le charme noir de l’auteur des Noces barbares : « Vous avez vu ses yeux ? » . L’écriture n’empêche pas les sentiments. « Je vais vous faire un aveu : je n’ai jamais lu Le Clézio. Vous croyez qu’il faut que je le fasse ? » . Décidément, madame est connaisseuse. En revanche, elle a lu le Cavalier du Louvre de Sollers et ne fait pas de commentaire sur le physique de l’auteur.
Elle aime bien l’Académie française qui lui a décerné un prix, mais le prix Goncourt n’est pas sa tasse de thé. Elle n’en a pas ouvert un depuis quinze ans. Même pas la Bataille en 1997, un roman historique pourtant ? « Non, sûrement pas : je déteste Napoléon. » Et toc. Pourtant elle en lit, de l’histoire. Des Mémoires essentiellement et les romans historiques de ses confrères. Jugement.
Françoise Chandernagor : « Dans l’Allée du roi elle abusait des notes de bas de pages. » Robert Merle : « Je me suis lassée de ses pastiches de la langue de Louis XIII«  ». Et Christian Jacq, le pharaon de la discipline ? « On m’a offert le premier mais je n’ai pas accroché. » . Madame Benzoni éclate de rire avec naturel. Elle les aime bien, tous ces garnements. Tenez, Jean d’Ormesson : « C’est un merveilleux romancier, mais attention : Dans le Juif errant, il y avait des pages entières sans ponctuation. » Elle lui pardonne volontiers : « Je lui dois d’avoir découvert mon livre de chevet : la trilogie de Lawrence Durrell Esprit de corps, etc. Excellent contre le cafard. »
Tout à l’heure, sous le soleil de printemps, Juliette partira faire son marché. Elle passera chez son libraire pour voir si le Delerm qu’elle a commandé est arrivé. Et puis aussi ce jeune écrivain dont on lui a parlé… Michel Houellebecq : « Ce que vous m’avez dit de lui m’a donné envie de le lire. »

Dans L’Express en 1999, article de Sébastien Le Fol

Juliette Benzoni : la chouanne du roman historique

« Secret d’Etat », sa nouvelle saga, raconte la passion d’un petit-fils d’Henri IV pour une fille d’honneur d’Anne d’Autriche.
C’est la chouanne du roman historique à l’eau de rose, l’Agatha Christie des intrigues de cour. Juliette Benzoni caracole en tête des listes de vente depuis bientôt trente ans. Un exemple : sa série Le Boiteux de Varsovie s’est vendue à près de 800 000 exemplaires (éditions club confondus). Pourtant, la critique snobe ses livres et Mme Benzoni provoque des haut-le-coeur à certains historiens. Les spécialistes n’aiment pas qu’on prenne des libertés avec leur discipline.
« Je suis une femme sans histoire qui a choisi celle des autres », ironise-t-elle en vous accueillant dans son hôtel particulier Napoléon III de Saint-Mandé qui fleure bon le charme d’antan.

Un feuilleton dans France-Soir
Juliette Benzoni est tombée dans la marmite de l’Histoire quand elle était petite. Elève au très collet monté cours des Demoiselles Désir puis au Lycée Fénelon et au Collège d’Hulst, la demoiselle Benzoni préfère les aventures d’Alexandre Dumas à la trigonométrie. Mariée à un médecin dijonnais, elle hante les bibliothèques de la ville où elle se documente sur la Bourgogne au Moyen Age. C’est ici que germera la série des Catherine, dont l’action se déroule à l’époque de Jeanne d’Arc.
De retour à Paris, Juliette Benzoni fait ses premières armes dans le journalisme. Elle rédige des articles historiques pour Confidences et L’Histoire pour tous. Le Journal du dimanche lui confie des portraits de vedettes de la littérature et du cinéma. Elle rencontre Jean Cocteau à Milly-la-Forêt. « J’ai rendu visite à l’enchanteur Merlin ce jour-là », inspecte la garde-robe de Jean Marais et se voit accueillie chez Erich Von Stroheim par un « vous êtes propre pour une journaliste ».
Au début des années 60, Juliette Benzoni entame la série des Catherine, bâtie sur la légende de la Toison d’or. Succès immédiat. Pierre Lazareff en fait le feuilleton de France-Soir après les Angélique. Dès lors, sa popularité ne cesse de grandir. Après Marianne, une étoile pour Napoléon, elle crée la saga des Gerfaut, inspirée des aventures de Gilles de Tournemine, gentilhomme breton mêlé à l’affaire des colliers de la reine. Suivront Les Loups de LauzarguesLa Florentine et Les Treize Vents.
Secret d’Etat, sa nouvelle série devrait couvrir tout le XVIIe siècle. Les lecteurs feront connaissance avec François de Bourbon-Vendôme, prince de Martigues, petit-fils d’Henri IV et de Gabriel d’Estrée et de la petit Sylvie de Valaines dont la famille a été décimée sur ordre du cardinal de Richelieu. La passion des deux jeunes gens sera le fil conducteur de cette fresque aux multiples rebondissements. De la Fronde à la naissance de Louis XIV en passant par les coups fourrés du cardinal, les lecteurs de Juliette Benzoni en auront pour leur argent. Quelques jours après sa sortie, La Chambre de la reine, le premier des quatre volumes a déjà été sélectionné « livre vedette » de plusieurs clubs de livres.

La vie de château
Le succès de Juliette Benzoni doit beaucoup à sa familiarité avec l’Histoire. La romancière se promène dans le passé avec une facilité déconcertante. Aucun détail, aucune anecdote ne lui échappe. Elle puise son inspiration dans le petit bout de la lorgnette. Grâce à elle, on assiste aux nuits de noces des têtes couronnées (Dans le lit des rois et Dans le lit des reines). Juliette Benzoni tutoie les princes et reçoit les confidences des vieilles pierres. En la lisant, ses lecteurs ont l’impression de vivre la vie de château.
Juliette Benzoni ne cache pas sa sympathie pour ces princes de l’Ancien Régime : « Je suis un peu chouanne. Je ne raffole pas des révolutionnaires. » Elle est intarissable sur les guerres de Vendée. Chaque année, elle s’octroie quinze jours de vacances à La Trinité-sur-Mer, à quelques kilomètres de Quiberon, haut lieu de la chouannerie. Décidément, l’Histoire est une maladie inguérissable.

Dans L’Express en 1999 à propos de « Les Emeraudes du Prophète« , 1ère suite des aventures d’Aldo Morosini, par Jean-Baptiste Michel
Benzoni à la vitesse grand B :
« Les Emeraudes du prophète passent les frontières et remontent le temps à toute allure. Servies par un imaginaire galopant »
Elle écrit vite, Juliette Benzoni. En moyenne, un roman et demi par an. Elle pourrait même écrire mieux. Qu’importe. D’une saga à l’autre, son œuvre prolonge la tradition de prolixité brouillonne et d’imaginaire galopant du temps d’Eugène Sue. Un auteur heureux, comme ses personnages. Nous sommes à Dijon dans les années 30:
«Finissons de déjeuner et rentrons à Paris! Je m’y livrerai aux démarches nécessaires pendant que tu te rendras en Bohême. De là, tu n’auras qu’à gagner directement Istanbul où l’on se retrouvera au Pera Palace.»
Tel est le plan arrêté par le prince Aldo Morosini, expert en joyaux historiques, et par son ami l’archéologue Vidal-Pellicorne pour s’emparer de l’Ourim et du Toummim, deux émeraudes offertes, selon la légende, par Jéhovah au prophète Elie – et qu’un ambitieux rabbin, à Jérusalem, les a convaincus de lui rapporter en enlevant Lisa, la femme du prince. La vie de Lisa dépend de leur succès. Ils passent donc les frontières et remontent le temps à toute allure. De l’antique forteresse de Massada, où les joyaux ont disparu avec ce dernier foyer de la résistance juive, au romantique château de Hohenburg, en Allemagne, où ils ornent les délicates oreilles d’une grande-duchesse, c’est une frénésie de déplacements et d’associations d’idées historiques qui nous transporte de la bibliothèque de Dijon au cimetière juif de Prague, d’Istanbul, où repose le trésor des Sultans, à la Roumanie de Dracula. Les pierres rendues à Israël seront escamotées par la sagesse du grand rabbin et l’aventure se clôt par un dîner à l’hôtel King David, où les protagonistes enfin réunis s’en remémorent les péripéties dans une ambiance «élégante, fleurie et confortable».
Ces émeraudes tombent dans le coffret de Juliette Benzoni aux côtés du Rubis de Jeanne la Folle, de L’Opale de Sissi, de ces belles pierres maléfiques qu’elle taille à la manière un peu brute de la comtesse Ilona, héritière de Dracula, qui, ayant lu le roman de Bram Stoker et vu toutes ses adaptations à l’écran, apparaît devant le héros stupéfait «vêtue d’une tunique noire parfilée d’argent dont les larges manches et le profond décolleté s’ourlaient de chinchilla». Elle s’avance pour lui dire, non sans grâce ni humour, que le roman populaire, de nos jours, offre moins une vision qu’une télévision de l’Histoire. »
Dans Marianne en 1999, article de Clara Dupont-Monod

Juliette Benzoni, 300 millions de livres vendus, jamais vue chez Pivot

Elle est l’un des écrivains français les plus lus. Pourtant, qui la connaît ? Rencontre avec la Barbara Cartland du roman historique.
On lui demande ce qui fait courir sa plume depuis plus de trente ans. Elle répond simplement: «J’aime ça.». On s’interroge sur l’engouement planétaire du public (50 millions de lecteurs); elle lâche, évasive: «Je crois que ça plaît aux gens.». On mentionne la cinquantaine d’ouvrages qui se sont vendus à 300 millions d’exemplaires dans le monde, les traductions en 22 langues, du finnois à l’hébreu, la sortie de son nouveau roman ; elle s’inquiète: «Elle marche, la sonnette du portail ?».
Juliette Benzoni, 78 ans, est un phénomène éditorial et elle s’en fout complètement. Jamais invitée chez Pivot, boudée par les critiques, cette vieille dame écrit tranquillement ses séries de romans historiques, calfeutrée dans son pavillon de Saint-Mandé, à un vol de moineau de Paris. C’est là, dans le silence d’un après-midi qui s’enroule autour des pampilles en cristal, bercée par la tiédeur des fauteuils Récamier aux coussins de velours, qu’une jeune fille aux cheveux blancs orchestre l’histoire. La Bourgogne à l’époque de Jeanne d’Arc, Florence en 1457, Paris sous le règne du Roi-Soleil, Venise aux lendemains de la Première Guerre mondiale… En haut de cet hôtel particulier, dans la chambre, le crépitement de la machine à écrire fait défiler enlèvements sauvages, secrets d’Etat, trahisons vengeresses et, surtout, passions contrariées. L’amour tient une telle place qu’on a surnommé Juliette Benzoni «la Barbara Cartland du roman historique». Pour celle qui se considère plus comme l’héritière de la littérature populaire du XIXe siècle, «le succès vient sans doute de là». De là ? «De rêves racontés dans une langue moderne, sans archaïsme d’époque.» Aux thrillers futuristes sur fond d’Internet, de manipulations génétiques et de menaces millénaristes, elle préfère les chevauchées royales, les taffetas à ramages et les éventails ajourés. Aux modes d’emploi du parfait bonheur quotidien, qui consiste à prendre une première gorgée de bière en contemplant l’aube naissante, cette presque octogénaire préfère l’action.

Le veuvage, à 40 ans, la fit naître à l’écriture
La psychologie l’ennuie: «Il faut tenir les gens en haleine, ne pas s’attarder.» Les héros de Juliette Benzoni sont toujours beaux et inventifs; les héroïnes, somptueuses et vaillantes. «C’est pour faire plaisir au public», sourit-elle. Un public fidèle aux épopées flamboyantes, le même, sans doute, qui suivit avidement le Comte de Monte-Cristo sur TF1. D’ailleurs, sourit-elle, «la passion de l’histoire m’est venue à 9 ans en tombant sur une image de Jeanne d’Arc. Alexandre Dumas a fait le reste.» (venez lire mon anecdote sur Jeanne d’Arc ici : jeanne10 )

Cette amoureuse des péripéties historiques, chouanne dans l’âme, révolutionnaire par la plume, fréquenta pourtant le très strict cours des Demoiselles du Désir et fut pendant longtemps une épouse de notable exemplaire. Partagée entre les bonnes oeuvres et l’éducation de ses enfants, Juliette Benzoni ne publia rien avant l’âge de 40 ans, date de son premier veuvage. Son mari était médecin. Il avait si bien soigné les prostituées du bois de Vincennes qu’en 1942, lorsque naquit le premier fils de Juliette qu’elle ne pouvait allaiter, les dames du bois l’approvisionnèrent deux ans durant en oranges fraîches. Il fallut donc un loyer à payer, plus une annonce dans le Figaro, en 1950: «On recherche, pour un journal, des gens sachant écrire des récits vécus», pour qu’elle se lance. Ses feuilletons dans le journal Confidences dureront vingt-quatre ans. C’est le même éditeur, Paul Winckler, qui lui demanda, pour France-Soir, une nouvelle Angélique. En inventant le personnage de Catherine, en 1961, Juliette Benzoni se dota d’une technique narrative qui est encore la sienne: tout est vu, senti, vécu, par le biais du personnage. Le livre parie sur l’identification du lecteur au héros, que facilite le réalisme des descriptions.
Chaque volume demande deux ans de recherches historiques. Tout y passe: la chronologie méticuleuse, la couleur des robes, les dorures des palais… «La comparaison avec Barbara Cartland m’énerve, s’emporte-t-elle. On produit autant l’une que l’autre, mais, pour moi, c’est sans compter l’énorme travail de documentation.» Une fois les connaissances amassées, elle écrit d’une traite, à raison de trois pages quotidiennes. Résultat: deux livres par an.

Le cri de la femme de ménage brisa net le manuscrit…
Ce rythme effréné la rapproche de Max Gallo, autre stakhanoviste de l’écriture. Mais, si ce dernier jette son dévolu sur un personnage unique, les romans de Benzoni, en revanche, sont ceux de la multitude. «C’est une sorte de famille, explique-t-elle. Les personnages, une fois qu’on les a mis au monde, il faut vraiment les considérer comme des enfants. On ne peut pas leur faire faire quelque chose qui ne soit pas conforme à leur caractère. Ils prennent possession de moi.» Il arrive que ce petit monde déserte, la laissant seule, vide. Alors, le sommeil la déserte à son tour…

La littérature d’échappée profite aussi aux auteurs. Benzoni puise dans ce cortège de visages de quoi s’oublier un peu elle-même. Elle s’offre des personnages qui «se tirent de toutes les situations». Ils la protègent de sa propre mémoire. Aucun ne lui inflige une deuxième fois ce cri entendu depuis le jardin, celui de la femme de ménage découvrant le corps de son fils mort, foudroyé par une attaque cardiaque, il y a quatre ans. Aucun ne lui rappelle qu’elle fut deux fois veuve. Chacun lui rappelle sa multitude à elle, quand son fils disparu, sa mère, morte peu après lui, et sa fille habitaient tous la maison de Saint-Mandé. Une fois seulement, ce fut elle qui abandonna sa «famille». Ce fameux jour où tout bascula avec la mort de son fils, Juliette Benzoni écrivait la série «le Boiteux de Varsovie». «Le cri de la femme de ménage a cassé net une phrase», se souvient-elle. Il brisa bien plus qu’une phrase. L’auteur raya d’un trait noir son manuscrit, et n’y toucha plus. Lorsqu’enfin elle se réconcilia avec ses propres mots, ce fut pour s’y noyer. «On peut arriver à tout laisser dehors. On retrouve le chagrin à la sortie», dit-elle. Certains aveux valent titres de noblesse.”

Dans Libération en 1999, article de Pascale Nivelle
Liberation_juin1999

presse_retour

2 commentaires »

  1. Dominique BARRET dit :

    Super les livres de Madame Juliette BENZONI je viens de terminer les 3 tomes de la Chambre de la Reine,le Roi des Halles, le Prisonnier Masqué,franchement j’adore tout ses livres une littérature bien écrite,enfin j’aime tout ses romans,par contre quel livre a t’elle ecrite après ces 3 tomes.
    Merci pour tout
    Bien cordialement:
    Dominique

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